Changer le cours de l'Histoire

Au programme : Les récits peuvent-ils changer le cours de l’Histoire ?

DéFormater !
7 min ⋅ 02/06/2026

Bonjour,
Bienvenue dans cette nouvelle édition et aux nouveaux abonnés.
Je suis Valérie Van Oost, plume et autrice, je pars, chaque mois, à la rencontre de ceux qui racontent et aiment les histoires. 

LA CONVERSATION

Réécrire le monde

Les récits peuvent-ils changer le cours de l’Histoire ? Peut-on changer la fin (du monde) ? C’est l’objectif de la Fresque des Nouveaux Récits, déclinaison de la Fresque du Climat. Après avoir participé à un de ces ateliers, j’ai eu envie d’en savoir plus auprès d’un de ses co-auteurs, Benoît Rolland de Ravel. Avocat, puis psychologue, il contribue aujourd’hui à la transition écologique et solidaire en accompagnant les individus et les collectifs. Avec une conviction : faire évoluer nos imaginaires pourra faire évoluer nos comportements et l’organisation de nos sociétés. 

La question des histoires qu'on raconte ou qu'on se raconte est la trame de votre parcours ?
Benoît Rolland de Ravel - Je dirais que le fil rouge est la question de l'utilité et du sens. Pour moi, les histoires sont une manière de donner du sens dans les deux acceptions du terme : du sens en soi, mais aussi une direction. Il y a de nombreux fils qui s’entremêlent, j’ai tiré ceux de la transition, j'ai pris conscience des enjeux écologiques et sociaux. Je suis aujourd’hui au contact d'histoires qui mobilisent, qui me nourrissent, qui m'inspirent.

Et l’idée de construire un récit…
Benoît Rolland de Ravel - Pablo Servigne [Une autre fin du monde est possible, Seuil] dit que tout l'enjeu est de revoir nos mythes. Parce qu’ils ne sont plus tout à fait adaptés aux enjeux de l'époque. Nos comportements, la façon dont sont organisées nos vies sont le reflet de l'architecture invisible qui est dans nos têtes, des imaginaires, des mythes.
L’objectif avec les récits est de faire évoluer ces mythes à force de se raconter de nouvelles histoires. Je vois les histoires comme des véhicules qui vont aider à faire évoluer ces imaginaires et, donc, finir par changer nos comportements et les façons dont nos sociétés sont organisées.

Qu’est-ce qui vous a convaincu que les récits étaient un outil de transformation ?
Benoît Rolland de Ravel - La Fresque des Nouveaux Récits, c'est aussi pour ça qu'elle est riche, est une manière de réunir les fils que j'avais tirés. Mon mémoire d’étude sur la quête de sens, la question des rapports au monde… J'ai découvert, dans ma formation de coaching, la spirale dynamique, développée par un psychologue dans les années 50. Un individu ou un groupe d'humains a des valeurs et une vision du monde et, dans l'histoire de l'humanité pour faire face aux enjeux du moment, on a développé différentes visions du monde. Pour moi, les récits, les histoires sont une manière de contribuer à ce passage en faisant évoluer les valeurs : c'est quoi les modèles de vie réussis, les aspirations, les désirs socialement construits ? Il y a aussi l'approche narrative en psychologie : les histoires qu'on se raconte comptent. 
La Fresque des Nouveaux Récits est une fresque transverse où se rencontrent les sciences humaines et sociales, mais aussi les sciences naturelles.

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DéFormater !

Par Valérie Van Oost

Je ne peux pas m’empêcher de faire des interviews (j’ai un passif de journaliste). Je suis fascinée par les inventeurs d’histoires, les créateurs de récits (sous toutes les formes surtout celles que je ne sais pas fabriquer). Je sais à quel point ce travail est exaltant et difficile (moment d’ego et d’auto-congratulation : j’écris aussi des romans). 

Bref, j’ai envie, avec cette newsletter, de partir à la rencontre des artisans de la narration et de partager nos conversations. 

Entre deux newsletters, retrouvons-nous sur Instagram et LinkedIn. A bientôt !