17 syllabes suffisent

Au programme : une philosophie en 17 syllabes, des récits pour changer le monde.

DéFormater !
6 min ⋅ 05/05/2026

Bonjour,
Bienvenue dans cette nouvelle édition et aux nouveaux abonnés.
Je suis Valérie Van Oost, plume et autrice, je pars, chaque mois, à la rencontre de ceux qui racontent et aiment les histoires. 

LA CONVERSATION

L’art d’écrire dans un souffle

Il y a quelques années, j’ai acheté l’Anthologie du poème court japonais dans la foulée d’un échange avec Pascale Senk que j’avais beaucoup aimé. Pour le mois du muguet, je vous invite à respirer l’air du haïku, ce poème bref né au 17e siècle. Un art du mot juste et de l’instant que Pascale, autrice et haïjine se consacre à transmettre.

Tu as découvert le haïku dans le cadre de ton travail de journaliste et tu te consacres depuis à cet art. Qu’est-ce qui a allumé l’étincelle de la passion?
C’est une histoire d’amour. C’est comme si j’avais rencontré quelqu’un qui m’était assez étranger au début et dont je suis tombée passionnément amoureuse. Je crois que beaucoup de mes besoins ont été comblés par cette rencontre. 
Quand tu entres dans le monde du haïku, tu as beaucoup de choses à découvrir. Je suis une perpétuelle étudiante, c’est une source d’études magnifique. J’avais aussi besoin de sortir de l’écriture journalistique, documentée, un peu lourde. J’avais l’impression que je répétais les mêmes choses, que j’employais les mêmes mots. Il n’y avait plus de fraîcheur. Grâce à cette poésie très brève, j’ai retrouvé des émotions de mon adolescence quand j’écrivais des poèmes dans des cahiers. 
La passion s’est développée parce que j’ai trouvé quelque chose qui réunissait différentes parties de moi. La hippie que j’avais délaissée à 18 ans, qui écrivait des chansons, des poèmes, l’étudiante et aussi l’écrivain, dans le sens où il y a une vraie recherche d’écriture dans le haïku. On croit souvent que c’est très facile. Roland Barthes, qui était aussi amoureux de cette poésie, disait qu’il y a une vraie recherche sur le langage.

Tu parlais d’étudier, le haïku est un apprentissage permanent?
Tu entres dans une autre civilisation, une autre culture, une autre conception de la poésie. En atelier, on fait un travail de déprogrammation avec les participants parce qu’ils arrivent avec leur idée de la poésie occidentale. Il faut faire beau. Il faut trouver des mots qui poétisent. Il faut rajouter des choses. Il faut exprimer son intériorité. Or, le haïku c’est l’inverse. C’est réussir, en un minimum de mots, à exprimer une émotion subtile. Sans jamais la dire directement, cela va passer par les herbes folles dans un champ que tu traverses, le saule pleureur qui a l’air de te regarder ou le camélia qui t’émerveille. C’est le contraire de ce qu’on a appris.

Tu as beaucoup écrit sur la culture et l’histoire du haïku avant d’en composer à ton tour. C’est difficile de passer à l’écriture de haïku, de devenir haïjine?

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DéFormater !

Par Valérie Van Oost

Je ne peux pas m’empêcher de faire des interviews (j’ai un passif de journaliste). Je suis fascinée par les inventeurs d’histoires, les créateurs de récits (sous toutes les formes surtout celles que je ne sais pas fabriquer). Je sais à quel point ce travail est exaltant et difficile (moment d’ego et d’auto-congratulation : j’écris aussi des romans). 

Bref, j’ai envie, avec cette newsletter, de partir à la rencontre des artisans de la narration et de partager nos conversations. 

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