Promis, ce sera court...

Au programme : le goût du court en littérature et la tendance de l'essai express.

DéFormater !
6 min ⋅ 06/01/2026

Bonjour,
Bienvenue dans cette édition et dans une nouvelle année que je vous souhaite lumineuse.
Merci aux nouveaux abonnés de suivre DéFormater !.
Je suis Valérie Van Oost, rédactrice et autrice, je pars, chaque mois, à la rencontre de ceux qui racontent et aiment les histoires. 

LA CONVERSATION

La Nouvelle vague littéraire

Pierre Poligone peut parler de littérature avec passion, sans reprendre son souffle et sans s’arrêter. Un paradoxe pour une conversation sur les formats courts. Un format de lecture et d’écriture dont j’avais envie de parler depuis quelques temps. L’occasion s’est présentée avec le lancement de 49 pages, une maison d’édition pour des textes à la pagination limitée.

Vous parlez de formats courts, parce qu’il est difficile de nommer ces textes ? Comment les appeler : nouvelle, micro-fiction, micro-roman, novella, flash fiction…
Pierre Poligone - La nouvelle, comme le roman, est indéfinissable. Par exemple, quand La princesse de Clèves a été publiée, on l’a considérée comme une nouvelle. Simplement parce que c’était plus court que les romans-fleuves de l'époque. La nouvelle a le travers de se définir par rapport au roman. On la considère comme un petit roman. Et le roman n'a pas de définition.

Vous ne voulez pas utiliser le terme nouvelle ou une autre appellation ?
Pierre Poligone - J'avais pensé au départ à un slogan : vous aurez toujours le temps pour une bonne nouvelle. On a finalement opté pour : parce que le texte court toujours. Le mot nouvelle peut être un repoussoir. Avec une image de la nouvelle assez stéréotypée : une chute, une tension narrative forte et un côté exercice de style pour écrivain débutant. Je revendique l’appellation texte court qui est plus neutre, moins prisonnière d'une image, plus libre, bien plus diverse aussi.
Je ne veux pas être prisonnier d'une chute. En revanche, je suis peut-être prisonnier d'une chose : les 49 pages. Appeler la maison d’édition 49 pages, c’est une sorte de promesse, celle de ne jamais publier de roman et d'explorer un format. 
La novella est un peu plus conséquente que la nouvelle, un peu plus petite que le roman. La micro-fiction est associée à Régis Jauffret. Dans notre premier ouvrage collectif Départ de feu, on publie 14 textes de 4000 signes chacun. Je trouve cette forme intéressante à la fois courte, saisissante, maîtrisée. 

La nouvelle, à une époque, était une façon d'entrer en littérature…
Pierre Poligone - Ce que j'aimerais vraiment montrer, c'est que ce n’est pas un entraînement pour un roman. Ça existe, pourquoi pas ? Comme le court métrage peut permettre de faire des films par la suite. Mais j'aimerais bien redonner ses lettres de noblesse au texte court, montrer qu'il a une valeur en soi.
La plupart des écrivains que je publie sont des écrivains qui ont déjà publié des romans, ce que je veux, c’est leur proposer un pas de côté.

Un autre terrain de jeu ?
Pierre Poligone - C'est ça. L'enjeu est de faire advenir des textes qui n‘existeraient pas ailleurs.

...

DéFormater !

Par Valérie Van Oost

Je ne peux pas m’empêcher de faire des interviews (j’ai un passif de journaliste). Je suis fascinée par les inventeurs d’histoires, les créateurs de récits (sous toutes les formes surtout celles que je ne sais pas fabriquer). Je sais à quel point ce travail est exaltant et difficile (moment d’ego et d’auto-congratulation : j’écris aussi des romans). 

Bref, j’ai envie, avec cette newsletter, de partir à la rencontre des artisans de la narration et de partager nos conversations. 

Entre deux newsletters, retrouvons-nous sur Instagram et LinkedIn. A bientôt !

Les derniers articles publiés